Quiconque est incapable de vivre dans la société des hommes ou n’en éprouve nullement le besoin est une bête ou un dieu.

Seton – Le Naturaliste qui voyage : Lobo le Roi des loups de Jiro Taniguchi
2 juillet, 2008, 0:14
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Voici venir une histoire vraie : celle de Seton, peintre naturaliste né aux États-Unis et essayant de percer dans le milieu artistique à Paris. Il fait dans la peinture animalière et en 1895 présente sa première toile : un loup assouppi. Bon ça ne se passe pas bien et comme la ville c’est pas son truc il décide de retourner fissa dans son patelin étatsunien. Dans le train du retour (je vous vois venir ! … oui il prend le bateau après.) il croise une belle jeune madame rencontrée un peu avant. Hop ça colle et coup de bol son père a un ranch, d’ailleurs dans ce coin reculé y’a que ça, et dans ce ranch… il y a un gros loup.

 

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Bon attention le loup il est spécial et il rigole pas. D’abord il tue une vache par jour, non attendez par nuit (parce ce que le *** il sort que la nuit) mais en plus tu peux pas l’attraper parce qu’il détecte tous les pièges. Tous. C’est donc un grand sujet de discussion entre ranchmen : diable ? garou ? incarnation maléfique ?

Donc tu peux rien faire. À moins que…

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Lobo et Bianca peint par Seton himself

Bon c’est un bouquin à l’origine, autobiographique, sur ce qu’il s’est passé avec ce sacré loup. Le truc c’est que l’histoire est béton, le loup déchire, sa meute et le désespoir des cowboys ou des wolfmen sont bien retranscrit dans les belles cases de Tanigushi. On retrouve d’ailleurs ici, encore une fois, tout son talent. Magnifiques paysages et beauté naturaliste des loups, qui devient furieuse dans leurs accès de violence.

C’est un « one-shot » : toute l’histoire tient dans le tome. Alors on développe pas tout, les personnages ne sont pas très introduits ou alors très rapidement, trop sûrement.

Le bon côté de la chose c’est qu’on profite pleinement du duel Seton Lobo, l’intelligence de l’homme contre celle de la bête. Et la fin est bien amenée et pleine de surprises. contrairement à celle de cet article.

Un mot tout de même sur cette édition Kana : certaines pages sont ternes, je parle de l’encrage, pas du dessin original) et aussi pour dire qu’elle est pas top moumoute votre couverture là messieurs.

Ernest Thompson Seton : 1860-1946 Seton Livre 1 : Lobo, le Roi des loups. Éditions Kana



Jiro Taniguchi – Mangas matures
1 juin, 2008, 17:38
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Depuis la découverte du Journal de mon Père je ne peux rester insensible au style inimitable de l’auteur dessinateur Jiro Taniguchi. C’est pourquoi je me suis nonchalamment jeté sur d’autres de ses œuvres, à savoir : L’Homme qui marche, Le Sommet des Dieux, Quartier Lointain, Le Gourmet Solitaire, l’Encyclopédie des animaux de la préhistoire, sans oublier Au Temps de Botchan et Kaze No Sho : le livre du vent.

Une chose frappe aussitôt : quelle diversité dans la lecture de ces mangas ! Puisque vous l’aurez deviné : on y parle d’alpinisme, de vagabondages, culinaires ou pas, d’animaux préhistoriques, de samouraï…

Une chose est sûre, M. Taniguchi prône l’éclectisme.

Chaque lecture est bien sûr différente, de par le thème abordé mais aussi le volume des ouvrage (Le Sommet des Dieux court sur quelques 1600 pages alors que Le Gourmet Solitaire est un « one shot » de 150 pages). On y rencontre des personnalités différentes et l’on prend plaisir à voir se dessiner leur destinée sur ces pages rêches et austères, typiques des bandes dessinées japonaises.

Je ne vois que deux façons d’arriver à la lecture de Jiro Taniguchi : soit l’on est passionné par l’un des thèmes abordés, soit l’on a découvert l’auteur grâce à l’une des très belles couvertures des éditions Casterman… et le talent de l’auteur fait que l’on y revient, par un chemin de traverse improbable entre la cuisine et l’alpinisme, peu importe, on y revient !

C’est cette deuxième circonstance qui m’est arrivé. Donc, il n’y a pas tellement d’intérêt à vous « conseiller » ou vous « mettre en garde » sur telle ou telle manga, puisque de toute manière vous lirez celui qui vous attire.

 

 

De fait, je vous laisse découvrir par le résumé ainsi que leur fameuse couverture les mangas précités.

 

Le Sommet des Dieux :

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Résumé :

Fukimachi, reporter photographe en altitude. Fukimachi sort choqué d’une escapade sur l’Everest soldée par la mort d’un de ses compagnon de cordée. Sur le point de tourner le dos définitivement à la montagne, il va faire une découverte dans une petite boutique d’alpinisme de Katmandou : un appareil photo qui pourrait avoir appartenu à Mallory et Irvine, alpinistes disparus lors d’une tentative pour gravir le sommet de l’Everest. Or ces deux alipinistes disparurent à quelques mètres du sommet, sans que jamais personne n’ai pu savoir s’ils l’avaient atteint, à une époque où l’Everest restait invaincu.

Cet appareil photo sera convoité par marchands, journalistes, voleurs ou militaire retraité, mais surtout Habu Jôji, dernier grand alpiniste de l’ère des « premières ».

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Quartier Lointain :

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Résumé Volume 1 :

Mon corps ! Il était plus léger ! J’ai perdu l’équilibre et me suis retrouvé par terre…
Qu’est-ce que je fiche avec un uniforme d’écolier ? Et des baskets… ? Hein ? C’est… C’est absurde ! J’avais l’impression d’avoir maigri… J’étais plus petit, aussi… je… Je rêve ou quoi ?

Résumé Volume 2 :

Ce soir-là…

D’après les conclusions de l’enquête de police… A 21 heures 30 passées, papa s’est dirigé vers la gare d’Agei. Vers 22 heures, on sait qu’il a acheté au guichet un aller simple pour Tottori… Ensuite, plus rien… Mon père a disparu comme ça. On n’a plus jamais eu aucune nouvelle de lui.

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Le Gourmet Solitaire :

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Résumé :

On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n’est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c’est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires… Cet homme, c’est le gourmet solitaire. Chaque histoire l’amène à goûter un plat typiquement japonais, faisant renaître en lui des souvenirs enfouis, émerger des pensées neuves, ou suscitant de furtives rencontres.
Imaginé par Masayuki Kusumi, ce personnage hors du commun prend vie sous la plume de Jirô Taniguchi. Le Gourmet solitaire est un mets de choix dans la collection Sakka.

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L’Encyclopédie des Animaux de la préhistoire :

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Résumé :

Il y a longtemps, bien longtemps, si longtemps que c’est difficile à imaginer…
La nature n’était pas encore polluée, elle était luxuriante et toutes sortes d’animaux vivaient sur la Terre. Ce sont les ancêtres des animaux actuels.

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Au Temps de Botchan :

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Résumé :

Japon 1905. An 37 de l’ère Meiji. Natsume Soseki, l’un des plus grands écrivains japonais modernes, se coupe les ongles au soleil de la véranda de sa maison bucolique, pendant qu’un petit chaton noir se promène entre ses jambes.

De retour d’Angleterre et passablement déprimé, Soseki se lance dans l’écriture de son œuvre majeure et jubilatoire : le célébrissime Botchan. C’est le point de départ choisi par le dessinateur Jiro Taniguchi et l’écrivain Natsuo Sekikawa pour dresser un panorama de la société japonaise, à travers les intellectuels et la littérature de cette époque.

Au temps de Botchan est une gigantesque fresque romanesque qui couvre près de 1500 pages. Le temps semble s’y écouler paisiblement au moment même où le Japon, déjà fasciné par l’Occident, s’apprête à rentrer dans la modernité.

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Kaze No Sho :

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Résumé :

En l’an de l’ère Keian, époque d’Edo, deux clans s’affrontent dans une guerre sans merci autour d’un manuscrit secret, Les Chroniques secrètes des Yagyû.

Dans es pages se trouvent des secrets capables de faire trembler le shogunat des Tokugawa. C’est à Yagyû Jubei, escrimeur légendaire et gardien des chroniques secrètes, d’empêcher le Japon de sombrer dans une guerre civile sanglante. Une fascinante plongée dans l’histoire du Japon, mise en scène par deux auteurs cultes du manga, Jiro Taniguchi et Kan Furuyama.

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L’Homme qui marche :

 

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Résumé :

 

Qui prend encore le temps, aujourd’hui, de grimper à un arbre en pleine ville ? D’observer les oiseaux, de jouer dans les flaques d’eau après la pluie ? D’aller jusqu’à la mer pour lui rendre un coquillage ? L’homme qui marche, à travers ses balades souvent muettes et solitaires, nous invite à partager le bonheur de déambuler au hasard.

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Références bibliographiques :

Au Temps de Botchan : Éditions du Seuil, 2003. Volume 1 : ISBN : 2020570688. Volume 2 : ISBN : 2020570696. Volume 3 : ISBN : 2020685817. Volume 4 : ISBN : 2020833999. Volume 5 : ISBN : 2020891433

Encyclopédie des Animaux de la préhistoire : Éditions Dargaud, 2006. ISBN : 2871299676

Kaze No Sho : Éditions Panini, 2004. ISBN : 2845382928

L’Homme qui marche : Éditions Casterman, 2004. ISBN : 2203396040

Le Gourmet Solitaire : Éditions Casterman, 2005. ISBN : 2203373342

Le Sommet des Dieux : Éditions Dargaud, 2005. Volume 1 : ISBN : 2871295786. Volume 2 : ISBN : 2871295794. Volume 3 : ISBN : 2871295808. Volume 4 : ISBN : 2871297215. Volume 5 : ISBN : 2871297800

Quartier Lointain : Éditions Casterman, 2004. Volume 1 : ISBN : 2203372346. Volume 2 : ISBN : 2203372389



Book’in – la super bibliothèque virtuelle (gratuite)
29 mai, 2008, 2:26
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On a tous des scrupules à donner de l’argent à Tonton Microsoft : le fait que la société est en situation de quasi monopole est une chose, qu’il faut éteindre son ordinateur grâce à un clic sur le bouton « démarrer » une autre. Tant qu’à faire je leur reprocherai bien aussi de mettre leur système d’exploitation dans des téléphones portables, brisant au passage un nombre improbable de chausse-pieds. Mais avant tout : ils sont pétés de sous. Alors autant jeter les nôtres autre part que dans leur fenêtres climatisées de la Silicon Valley.

Je vous présente aujourd’hui Book’in : un soft gratuit, oui madame, d’une efficacité redoutable, qui vous permettra de référencer votre bibliothèque. Comprenons-nous : on parle bien de livres papier. En effet, tout ce qui porte un ISBN pourra être référencé dans cette base de donnée/catalogue de bibliothèque virtuel, qui va chercher les infos directement sur le site Amazon.

Exemple, je tape l’ISBN de tel livre, je valide, et aussitôt (sauf si vous êtes resté en 56k) une base de donnée se remplie automatiquement avec, en plus et c’est là un luxe rare, une vignette représentant l’illustration de couverture de l’ouvrage. Les informations basiques telles que le titre, nom de l’auteur, l’éditeur etc. sont affichés. Le prix, le nombre de pages, le numéro de volume, le traducteur s’il y en a et même dans certains cas le résumé seront rentrés dans votre base.

Le catalogue constitué pourra faire l’objet d’une exportation maîtrisée car entièrement paramétrable dans un fichier texte : vous définissez vous-même quels champs apparaîtront dans ce catalogue parmi tous ceux disponibles. Un luxe encore plus rare et ô combien appréciable.

Ceci est la principale fonctionnalité du freeware, mais il y a plus encore. Vous trouverez aussi dans Book’in un gestionnaire de prêt complet, avec sa base d’emprunteurs, qui, en relation direct avec votre base de livres recensés, vous permettra de planifier les retours et surtout d’un coup d’œil, savoir ce qui se passe avec votre stock de papier relié. De quoi se rasséréner quant au devenir des livres que vous prêtez, grande inquiétude s’il en est de l’apprenti bibliothécaire.

 

Essayer Book’in c’est l’adopter, il est gratuit alors ne vous en privez pas !

Un grand merci à l’auteur.

Téléchargement et détails ici

 

 



Le Sommet des Dieux – Jirô Taniguchi
5 mai, 2008, 12:32
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Parlons Manga : après avoir dévoré L’Homme qui Marche et Quartier Lointain, je commence à apprécier Monsieur Jirô Tanigushi pour ses dessins bien-sûr mais aussi ses choix scénaristiques.

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C’est avec beaucoup de curiosité que je me suis lancé dans Le Sommet des Dieux. Oui ça parle d’alpinisme, et je vous rassure je suis tout comme vous complètement imperméable à ce sujet.

Alors oublions un instant les transformations en super sayen ou autres samouraïs sanglants pour prendre un grand bol d’air frais dans les Alpes Japonaises et autres 8000 mètres tibétains.

L’histoire narre les rencontres du japonais Fukimachi, reporter photographe en altitude. Fukimachi sort choqué d’une escapade sur l’Everest soldée par la mort d’un de ses compagnon de cordée. Sur le point de tourner le dos définitivement à la montagne, il va faire une découverte dans une petite boutique d’alpinisme de Katmandou : un appareil photo qui pourrait avoir appartenu à Mallory et Irvine, alpinistes disparus lors d’une tentative pour gravir le sommet de l’Everest. Or ces deux alipinistes disparurent à quelques mètres du sommet, sans que jamais personne n’ai pu savoir s’ils l’avaient atteint, à une époque où l’Everest restait invaincu.

Cet appareil photo sera convoité par marchands, journalistes, voleurs ou militaire retraité, mais surtout Habu Jôji, dernier grand alpiniste de l’ère des « premières ».

 

Après avoir lu les 3 premiers tomes je me surprends à avoir accroché à l’histoire, surtout aux personnages. On retrouve bien sûr le trait de Taniguchi, dont ses dessins en extérieurs si travaillés. Mais ce qui fait la force du récit c’est la dimension que prennent ses 2 protagonistes principaux : Fukimachi et Habu Jôji (le gars sur les couvertures). L’un cherche sa voie, l’autre ne vit que pour elle depuis 30 ans, son corps et son esprit façonnés par la rigueur de la montagne.

Ce qui est dommage c’est que l’histoire ne démarre vraiment que vers le milieu du tome 3. On a certes toutes les cartes en main pour apprécier les personnages mais du coup, ça fait un peu long l’introduction.

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Je continue sur ma lancée, mais je pense déjà au manga de Taniguchi sur les dinosaures qui est commandé :p

 



La Horde du Contrevent – Alain Damasio
18 mars, 2008, 22:45
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La horde du Contrevent – Alain Damasio

Editions Folio SF – 701 pages – ISBN 978-2607-034226-6

 

Comment et par où commencer la critique d’un livre de 700 pages ?

Je devrais vous balancer un tableau avec à gauche la colonne des « Est-ce que ça c’est bien » : une colonne remplie de « personnages », « scénario », « descriptions », suspens », « intérêt »… etc. À droite figurerait la colonne des « appréciations ». Plus simple ici, il n’y aurait qu’à la remplir de qualificatifs élogieux. Solution de facilité qui séduit son petit bout d’homme… mais non, un livre comme cela, cela se respecte, son auteur aussi, et je me sens obligé de supprimer le beau tableau que j’avais préparé et vous parler un peu plus et mieux de ce sacré roman.

 

Car oui vous l’avez déjà deviné : ce livre déchire sa maman. Sans aucun doute. Il n’y a qu’à voir le nombre de pages que j’ai corné sur mon édition, et tout le monde sait que corner une page est sacrilège.

Bon il est peut-être venu le temps de vous copier/coller le quatrième de couverture, le voici :

 

Un groupe d’élite, formé dès l’enfance à faire face, part des confins d’une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l’origine du vent.

Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d’un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.

 

Pour faire court : nous avons d’un côté une horde d’une bonne vingtaine de fous furieux, de l’autre côté : du vent, plus ou moins létal et toujours présent. Les deux se faisant face tout du long.

Les 23 personnages charismatiques au possible qui composent cette horde ont tous leur rôle défini et s’intègrent en un « pack » dans la configuration la plus appropriée pour faire face aux différentes formes de vent : en delta, en diamant, en lance-pierre… chaque configuration est illustrée dans le texte par un diagramme où figurent les symboles de chaque personnage. Le vent lui, se contente de couler d’amont en aval, prenant différentes formes toutes décrites avec une précision chirurgicale, voire notées comme dans un solfège unique à base de ponctuation.

 

Ce n’est pas la seule originalité du roman, loin de là, par exemple : les pages sont numérotées à rebours ! Nous avançons dans la lecture comme la horde avance contre les éléments.

Le but premier de la horde est de trouver l’origine du vent, ou au pire, de faire mieux que les hordes précédentes (oui car 33 hordes ont déjà tenté la chose). On a donc un groupe compact, une escouade hiérarchisée où chacun trouve son utilité, qui lutte contre le vent, suit la trace qui la mènera en extrême-amont.

 

Je parlais de livre-univers, l’expression n’est pas de moi mais je la reprends sans scrupule : en effet La Horde du Contrevent est un roman de fantasy qui construit sa propre dimension, son propre monde. Cela passe par la géographie méconnaissable (ou alors Google Earth m’aurait menti), le vocabulaire inventé (formidable d’ingéniosité) mais aussi les métiers évoqués et quelques éléments de physique que l’on considérerait séance tenante comme paranormaux voire alcoolisés. Vous entrapercevez le travail de l’auteur.

 

Chaque personnage s’exprime dans ce livre : les symboles précédant les paragraphes désignant le narrateur. S’en suit un entrelacement de styles, de sensibilités, de niveaux de langue. Comme Daniel Balavoine qui tutoyait les graves et le aigus sur plusieurs octaves dans sa chanson « Ma Bataille » (oh yeah), Alain Damasio jongle avec ses personnages en véritable schizophrène à plume (et encre), partant d’un Golgoth (le chef de meute) charismatique au possible : « T’attends quoi putasse ? » jusqu’à Caracole troubadour accompli : « Et si l’arôme des bottes révèle madame, le verset t’obsède, moraliste ! » (oui oui, il s’agit d’un palindrome !) en passant par un système effectif de notation du vent… l’ouvrage tient debout, et de quelle manière !

Terriblement prétentieux les premières pages (accrochez-vous : il le faut, car l’on y découvre l’infatigable troubadour et sa prose fatigante) ce système de narration fera date. À travers ces personnalités, la lecture du livre devient exceptionnelle, mémorable…

 

La Horde du Contrevent est une œuvre monumentale, unique et pleine d’humanité. Un récit qui vous prend tout entier, un livre comme l’on en lit qu’une poignée dans sa vie. Merci à l’auteur.

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Va me falloir me procurer son autre bouquin que je ne connais que de nom : La Zone du Dehors

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hum tant qu’à faire je m’offre aussi la belle version de La Horde chez La Volte avec sa BO !

 

 

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